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Travailler en TI : on y gagne combien?

Antoine Palangié|

Des perspectives d’emploi qui restent bonnes, des salaires qui stagnent, voire qui régressent un peu : l’enquête de TECHNOcompétences, le comité sectoriel de main-d’œuvre en technologies de l’information et des communications, dresse un portrait plutôt statique de l’informatique québécoise.

 

Ce sont 154 entreprises totalisant plus de 8000 employés qui ont participé à cette revue bisannuelle parue fin juin, qui décortique la rémunération de 52 postes-repères. Les conclusions de l’édition 2012 sont très semblables à celle de 2010, à un gros point près toutefois.

 

L’informatique, moins payante

Il y a deux ans, TECHNOcompétences signalait une progression plus rapide des salaires dans le domaine des TICs que pour le marché du travail en général — 9 % par rapport à la précédente revue de 2008, contre 6 % dans l’ensemble des secteurs. Par contre, entre 2010 et 2012, le salaire annuel moyen de l’informaticien québécois s’est légèrement replié, de 57 600 $ à 56 700 $.

 

Une analyse plus fine des chiffres montre que c’est Montréal qui tire la rémunération vers le bas : même s’il reste le plus élevé de la province, le salaire moyen dans la métropole est passé de 60 500 $ à 59 500 $, alors qu’il est resté inchangé en région à 51 600 $. Il a même progressé légèrement à Québec, passant de 53 700 $ à 54 400 $.

 

Salaires élastiques

L’évolution des rémunérations est cependant très variable en fonction des postes occupés. Par exemple, le salaire annuel d’un architecte informatique a progressé de plus de 12 % en deux ans, de 82 700 $ à 92 900 $. Mais pour les programmeurs et les intégrateurs Web, c’est la dégringolade : pour les premiers, c’est 12 % de salaire en moins (de 59 100 $ à 52 000 $ annuels), et 22 % pour les seconds (de 54 500 $ à 42 500 $ annuels).

 

De même, les revenus moyens ne donnent qu’une vision très imparfaite du monde des technologies de l’information, où de nombreux facteurs influent fortement sur les rémunérations.

 

Le plus puissant d’entre eux reste le secteur d’activités : à compétences égales, le salaire d’un analyste-programmeur principal varie par exemple de 65 700 $ à 77 000 $ selon qu’il travaille dans les services informatiques ou dans les télécommunications. En revanche, c’est moins de contraste qu’en 2010 où l’écart entre les deux extrêmes était une fois et demie plus large.

 

Le multimédia a le vent dans les voiles

Le secteur du multimédia est passé de parent pauvre avec 56 300 $ annuels, à l’un des secteurs les plus lucratifs avec 73 500 $ en moyenne aujourd’hui.

 

La taille de l’entreprise a aussi une forte incidence. Si globalement les salaires progressent avec le nombre d’employés — 68 000 $ en moyenne pour les entreprises de 50 à 99 employés, 70 200 $ pour celles de plus de 100 employés, — , certaines fonctions sont toutefois mieux rémunérées dans les petites structures : un architecte informatique gagne 92 900 $ dans les premières, et 87 100 $ dans les secondes.

 

Avantages sociaux à la hausse

Enfin, une bonne nouvelle pour les informaticiens séniors : les régimes de retraite se généralisent dans le secteur de l’informatique québécoise. 55 % des entreprises consultées offrent des REER collectifs ou des cotisations déterminées contre 48 % en 2010. À noter que la quasi-totalité des structures (92 %) offrent aussi un régime d’avantages sociaux, en léger recul toutefois par rapport à 2010 (95 %).


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