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Bordélique ou prolifique?

Nancy B-Pilon|

En voyant le bureau recouvert de papiers épars et de dossiers empilés en tours précaires de votre collègue de travail, vous ne comprenez pas comment ce dernier peut réussir à travailler dans de pareilles conditions. En fait, vous vous dites même que si la qualité de son boulot ressemble à la propreté de son espace de travail, celle-ci doit laisser à désirer. Vous vous trompez peut-être.

Et si être bordélique était plutôt un signe de productivité?

On a tendance à croire qu’un espace de travail organisé et bien rangé est synonyme de travail bien fait. Certaines recherches démontrent qu’au contraire, les plus bordéliques de ce monde seraient, contre toute attente, des employés assidus dont le travail est apprécié.

La lumière dans le chaos

Le cerveau humain penserait de manière plus claire quand il est entouré de désordre, selon des études allemandes. Le fouillis ambiant force le cerveau à se concentrer sur une tâche, paraît-il.

Le bordel entraîne en outre un besoin de simplicité. Les gens bordéliques catégorisent plus aisément et trouvent des solutions simples et créatives aux problèmes complexes. Albert Einstein, reconnu pour son désordre, en est d’ailleurs un bon exemple.

En ayant tout devant lui, le bordélique s’évite des pertes de temps. Il n’a pas à traverser le bureau pour aller chercher tel ou tel document et ainsi, courir le risque de s’arrêter en chemin pour échanger quelques mots avec un collègue. Les bordéliques ont tout à portée de main.

Aussi, le fouillis sur son bureau lui permet de tomber sur une idée de projet notée à la va-vite sur un bout de papier des semaines plus tôt. Ils seraient donc plus enclins à mener à terme de nouveaux projets et à relever des défis personnels.

En cherchant quelque chose dans leurs piles, ils sont plus susceptibles de tomber sur une information pertinente pour un collègue ou une donnée nécessaire à un dossier en attente. Le fouillis leur permet d’avoir accès à une foule d’informations à n’importe quel moment.

Le classement : une perte de temps

Le temps passé par d’autres pour classer et organiser leur bureau est, pour les bordéliques, utilisé à travailler sur les diverses tâches qui leur sont confiées. Pour une même tâche donnée, un bordélique met moins de temps à l’accomplir qu’un organisé puisque ce dernier n’a pas à prendre du temps pour tout ranger. L’organisation à outrance serait donc une forme de procrastination!

Même si leur bureau ressemble à un capharnaüm, les bordéliques savent où se trouvent leurs trucs. Leur espace de travail est organisé intuitivement, selon la manière dont leur cerveau organise l’information. Il est donc facile pour eux de s’y retrouver.

Par contre, l’efficacité dans le désordre ne serait bénéfique que pour les personnes ayant déjà une fibre créatrice déjà développée, et qui évolue bien dans un environnement désorganisé. Les gens maniaques de l’organisation ne pourraient être à l’aise dans un tel milieu et leur productivité en serait affectée.

Les dirigeants de compagnie auraient aussi avantage à garder leur bureau en ordre. L’image envoyée aux employés est importante. Un patron dont le bureau est trop bordélique envoie le message qu’il est dépassé par les événements et qu’il n’arrive pas à bien gérer l’entreprise.

Qu’on soit organisé ou non, ce qui compte, au final, c’est d’être efficace. À chacun sa méthode. Et, chers bordéliques, soyez fiers de votre fouillis!


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