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Doit-on dénoncer une personne dépressive?

Marien Joly|

Un collègue de travail vous parle de ses problèmes d’argent, et vous confie même qu’il a tenté de s’enlever la vie récemment. Que faire d’une telle confidence? Devriez-vous en parler à votre supérieur?

 

La dépression fait partie des maladies les plus courantes au Canada. D’après un rapport de l’Université Laval, près de 1 Canadien sur 10 souffrira de dépression au moins une fois dans sa vie. Une prévalence qualifiée d’« alarmante ». Fort heureusement, 80 % des personnes qui obtiennent de l’aide guérissent et retrouvent une vie normale.

 

Une dépression non traitée peut durer plusieurs années et avoir des conséquences graves sur la vie personnelle comme professionnelle. Les causes sont diverses, qu’elles soient personnelles (déception amoureuse, décès d’un proche, maladie chronique) ou professionnelles (surcharge de travail, mise au placard, manque de considération).

 

La dépression touche les hommes comme les femmes, sans corrélation avec le statut social, l’éducation ou la situation économique. Ce sont majoritairement les personnes en âge de travailler qui en sont victimes. Bien souvent, elles cachent leur dépression, de peur d’être stigmatisées et mises à l’écart.

 

Pragmatique, le gouvernement canadien relève qu’une personne dépressive voit sa productivité diminuer, ce qui peut avoir des répercussions néfastes sur son entreprise. Pourtant, le sentiment de culpabilité peut être un facteur aggravant de la peur d’avouer sa dépression…

 

Symptômes

La dépression se traduit de plusieurs manières, en fonction notamment de la personnalité de chacun et de la gravité de sa situation. On retrouve néanmoins des traits communs aux personnes dépressives.

 

Dans sa vie personnelle, on retrouve une plus forte irritabilité, une tendance de retrait extrême ou au contraire une très forte dépendance aux autres. Une fatigue chronique et un abus d’alcool ou de drogues sont également des indicateurs.

 

D’un point de vue professionnel, on note une baisse de la concentration, de la motivation et de la facilité à prendre des décisions. Les retards et les congés s’accumulent, tout comme les erreurs.

 

Pour l’entourage, une personne en situation de dépression semblera plus détachée des choses qu’en temps normal. Elle semblera avoir perdu l’intérêt pour les activités jadis appréciées et aura tendance à se dévaloriser.

 

Il peut être vital qu’une personne dépressive se fasse soigner. 15 % des gens atteints de dépression grave ont recours au suicide. Cependant, il est important de ne pas tenter de diagnostiquer soi-même la dépression supposée d’un collègue ou d’un proche. Au risque de confondre un « coup de mou » ou une baisse de moral avec la dépression.

 

Que faire?

La dépression est une maladie grave qui nécessite l’avis éclairé d’un professionnel qualifié. Si les programmes de suivi affichent de bons résultats (4 guérisons sur 5 cas), ils ne sont valables que si la personne en situation de dépression fait elle-même les premiers pas.

 

Le soutien à un collègue en mauvaise posture est très important. La valeur de son travail, son rôle-clé dans son équipe et l’importance de sa contribution doivent être relevés de manière sincère et quotidienne. Si votre proximité avec votre collègue vous le permet, n’hésitez pas à lui conseiller de parler à son médecin.

 

Mais attention! La plupart des dépressifs craignent d’être mis de côté et marqués au fer rouge, d’où leur silence. Soyez discret et évitez au maximum de le mettre dans une situation de culpabilité.

 

 

Plus d’informations : http://www.santepsy.ulaval.ca/sgc/pid/324

 


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