Pompier

Doit-on geler les salaires des employés de l’État?

Éric Grenier|

Êtes-vous prêts à accorder une augmentation de salaire de 15% aux employés du secteur public provincial? Est-ce réaliste?

C’est ce que demandent les trois centrales syndicales représentant la plus grande part des salariés à l’emploi du gouvernement du Québec, pour la période des prochaines conventions collectives, soit de 2015 à 2018.

À coup de 4,5% par année.

Dans le contexte de l’état des finances publiques, l’appétit syndical pour leurs membres est étonnant. Dans le contexte des tendances en rémunération, ça l’est moins, par contre.

Mathématiquement, ça se justifie

Les employés de l’État, en excluant les médecins et les hauts fonctionnaires, auront bénéficié d’une hausse de 7,5% de leur salaire horaire au terme des présentes conventions collectives, le 1er avril 2015. Cela représente une moyenne de 1,5% par année.

Selon les données annuelles de Statistique Canada, le taux horaire moyen de l’ensemble des Québécois avait augmenté de 2,2% chaque année entre 2010 et 2013, inclusivement. En fait, pour les travailleurs qui n’étaient pas rémunérés par le gouvernement du Québec, la hausse moyenne annuelle est probablement située autour de 2,4%.

À la fin de 2013, le salaire horaire des Québécois dans l’ensemble frôlait les 25$ de l’heure. Pour les employés de l’État québécois : il était tout juste sous les 24$. Même en incluant les avantages sociaux, la rémunération globale de ces derniers ne dépasse pas celle des travailleurs du secteur privé.

Le public a ses avantages
Mais le salaire horaire ne donne pas un portrait très juste. Il y a différents facteurs qui expliquent les variations salariales moyennes, et pas seulement l’augmentation du taux horaire. Par exemple, quand l’économie croit peu, les travailleurs, surtout ceux du secteur privé, font moins de surtemps, d’autres voient même leur nombres d’heures régulières coupé.

Ainsi, en 2013, année décevante pour l’économie canadienne, le salaire hebdomadaire moyen au Québec a cru de seulement 1,4% par rapport à 2012. Il était à 834$ l’an dernier, par rapport à 823$ en 2012.

En ne tenant compte que des travailleurs à temps plein (80% d’entre vous l’êtes), la croissance du salaire des dernières années varie entre 1,5 et 3,4%, pour une moyenne annuelle de 2,4%.

Donc, oui, mathématiquement, les syndiqués du gouvernement sont en droit de demander un rattrapage salarial par rapport à l’ensemble des salariés. Reste maintenant à évaluer la valeur de la permanence en emploi du secteur public. Ce qui n’a pas encore été réalisé, tant c’est subjectif.

Un employeur difficilement comparable
D’ailleurs, chaque année, l’Institut de la statistique du Québec publie un rapport dans lequel il compare la rémunération des salariés de différents employeurs, dont ceux du gouvernement du Québec. En incluant l’ensemble des avantages sociaux plus généreux dont bénéficient les employés de l’État, ces derniers gagnent 8% de moins que tous les autres salariés.

Toutefois, de nombreux observateurs dénoncent ce rapport, car il ne vise que les salariés d’employeurs comptant 200 salariés ou plus. Ils croient plutôt qu’il faille comparer les employés du gouvernement avec l’ensemble des travailleurs québécois.

Or, le gouvernement n’est pas un employeur comme les autres. Il est gros. Très gros. Quand Bombardier, Bell et le Canadien National établissent le salaire d’une réceptionniste, ils ne tiennent pas compte du salaire en vigueur à la patate du coin, ou chez l’entrepreneur en entretien de pelouse. Ce sont les salaires en vigueur dans leur industrie et chez les employeurs de leur taille qui influenceront leur choix.

Est-ce à dire que les syndiqués de l’État méritent une augmentation de salaire de 4,5% par année? Et si oui, l’État en a-t-il les moyens? À vous – et votre gouvernement – d’y répondre.

Ça fera mal, docteur?
Cela dit, ce n’est pas un hasard si, dans la rhétorique du moins, le gouvernement de Philippe Couillard se montre conciliant à l’égard des employés «ordinaires» du gouvernement, mais exige déjà des concessions aux médecins.

En 2014-2015, la rémunération totale des 18 000 médecins accaparera 9% de toutes les dépenses gouvernementales de Québec. Quand je dis tout, c’est vraiment tout: du salaire des 500 000 autres employés de l’État, du gaz dans les chars et les camions (et leur entretien), des produits ménagers, de la location d’espaces de bureaux, des râteaux, des ordis, des logiciels, des cotisations aux régimes de retraite, et bien entendu, des intérêts versés aux détenteurs de la dette québécoise, que ce soit vous avec vos obligations d’épargne, ou les grandes banques internationales.

Il s’agit d’un gâteau de 6,6 milliards de dollars.

Éric Grenier

Éric Grenier est journaliste. Il a été notamment rédacteur en chef du Magazine Jobboom, et est collaborateur aux magazines L’actualité et Protégez-vous.


Catégorie: Actualités,
 
  • pete

    Ou tu prends tes chiffre toi ?? juste dans le parc industriel ou je suis il y a peut-etre 500 personne au salaire minimum et combien de gens ne gagne pas 834 par semaine oufff vous etes tous a cote de la track, pour que ca aille bien faudrait vous donner au secteur priver une augmentation de 7% immediatement et le msalaire minimum a 14 / hr et qu’il fluctue comme tous le monde personne ne peut vivre aujourd’hui a 10.35 / hr donner au peuple et le peuple vous fera rouler l’economie, ou fonctionner en me my self and i comme les gouvernements font et tout vas aller croche encore
    pete

    • Sylvain Morel

      en effet les chiffres ne sont pas juste pour tout le monde. Les employés de l’état ont aussi des avantage sociaux beauuuuucoup plus plus plus…. et j’en passe, ex: plusieurs semaines de maladie pris en vacances dans le sud c’est fréquent, condition de travail beaucoup plus confortable, et c’est l’état qui leurs fournis l’outillages et les formations nécessaire. dans le privé, tout ça c’est payé par l’employé seul. sans compté que parmi ceux de l’état, plusieurs incompétents se cache derrière un syndicat. pour ma part il serait bon de leurs faire réaliser ce qui ce passe vraiment, cependant, ne pas mêler les médecins avec les jobs ordinaire un pompier n’est pas médecin hein, une police non plus hein, de même que les cols bleu hein! les employés des commissions scolaire ne sont pas tous du même grade, hein! dans le privé un technicien industriel qui gagne $40k/année paye ses outils, et sont lunch n’est pas fournis hein! de plus ils n’a pas de journée de maladie hein! Imaginez un employé d’hydro qui gagne (surement plus d’abord) soit juste $45k minimum/année il a des semaines de maladie donc en moyenne 2 semaines de vacance de plus payé, et il ne paye aucun outils de travail! hein! pour comparé vraiment les salaire compte tenue des conditions de travail dans le privé juste remplacer le $40k par au moins $60k ce serait très équitable hein!. le rendement d’un employé dans le privé est constamment surveillé hein! ils n’ont pas le temps de flâné sur l’internet durant les heures de travail hein! quand ont vois qu’après 20 ou 25 ans de service pour l’état, ils prennent leurs retraite ça fait carrément ragé les autre qui appès 35 ans doivent travaillé encore et pour quoi! PAYER CES MAUDIS RETRAITÉS QUI NE FONT RIEN D’AUTRE QUE CE PLAINDRE QUE LE SERVICE N’EST PAS BON… j’arrête là car il y en a trop! Alors le Mr Grenier n’as pas la vrais réalité en face…