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L’ancienneté, un critère important au Québec

Workopolis|

Le Québec est bel et bien distinct. Une enquête publiée récemment par Statistiques Canada met en lumière le fait que les patrons québécois réagissent différemment de ceux du reste du Canada quand vient le temps d’accorder une promotion.

par Takwa Souissi

Dans le cadre de cette enquête, 7818 entreprises canadiennes de 20 employés et plus ont été interrogées. Les critères de sélection pour l’avancement professionnel étaient divisés en quatre catégories: 1-uniquement sur les efforts et les capacités (compétences); 2-en partie sur les efforts et les capacités ainsi que sur d’autres facteurs, comme l’ancienneté; 3-principalement sur d’autres facteurs, comme l’ancienneté; 4-autres facteurs seulement.

Résultat? En Ontario, 68% des entreprises ont offert de l’avancement à des employés en se basant uniquement sur les compétences, tandis que 28% ont dit considérer aussi l’ancienneté. Au Québec, c’est le contraire: 35% se sont basés uniquement sur la compétence et l’effort, alors que 60% ont dit considérer l’ancienneté. Ailleurs au Canada, les réponses sont semblables à celle de l’Ontario.

L’écart est pour le moins significatif. Comment l’expliquer ? Pour Marc-André Hennebert, professeur spécialisé en ressources humaines au HEC, l’importante présence syndicale au Québec y est sans doute pour quelque chose. « Avec un taux de syndicalisme de 40% au Québec versus 31% dans le reste du Canada, il est évident que l’ancienneté prend de la place. La vaste majorité des conventions collectives sont structurées autour de l’ancienneté ».

Or, il ne comprend pas pourquoi l’ancienneté devrait avoir une connotation négative. « Pour moi, ce que fait le Québec est logique » affirme Marc-André Hennebert. « L’ancienneté est le seul critère réellement objectif, et il profite à tout le monde. Elle assure une reconnaissance de la loyauté, et accroit la rétention des employés. Aussi, le système de l’ancienneté assure une équité à long terme, puisque les jeunes en profiteront également ». Ne pas reconnaître la loyauté des salariés risque de créer un désengagement et une démobilisation du personnel.

Il souligne par ailleurs que l’étude de Statistique Canada ne dit pas que les patrons québécois considèrent UNIQUEMENT l’ancienneté. Il s’agit là d’une nuance importante, d’autant plus qu’il est difficile de départager ancienneté et compétence, qui vont souvent de pair. « À compétence égale, il est normal de considérer l’ancienneté. Il faut faire attention à ne pas dépeindre les employeurs québécois comme irrationnels » conclut le professeur Hennebert.

Quoi qu’il en soit, la différence avec le reste du Canada demeure flagrante.


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