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Le travail à temps partiel est à la mode

Sarah Champagne|

La semaine de travail traditionnelle perd encore du terrain. Dans la plupart des pays industrialisés, l’emploi à temps partiel est en pleine croissance. Même si les employeurs trouvent parfois dur de jongler avec les horaires d’employés à temps partiel, ils devront s’y habituer : pour la majorité des salariés, moins longtemps au boulot, c’est un choix.

Dans les 28 pays couverts par un récent rapport de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), 21,8 millions de personnes de plus qu’en 2002 travaillent à temps partiel. Durant la dernière décennie, le nombre d’employés qui travaillent moins de 30 heures par semaine a même doublé au Luxembourg, en Turquie, en Italie et en Slovaquie.

Plus près d’ici, les États-Unis ont vu 3,8 millions de personnes s’ajouter à cette catégorie.

Quant aux Canadiens occupés seulement en partie, il y en a 425 600 de plus qu’en 2002. Ces nouveaux ajouts portent le total à près de 3,3 millions d’employés à temps partiel au pays.

Travailler moins, par choix

Dans certains cas, cette baisse du temps de travail est attribuable aux restrictions budgétaires des entreprises. Plutôt que de congédier une partie de leur personnel pour faire fondre leur masse salariale, la réduction des heures se présente comme une solution de compromis. Il s’agit donc de temps partiel involontaire ou imposé.

Ce n’est toutefois pas ce qui explique la majorité des situations, du moins au Canada. Selon Statistique Canada, près de 75 % des salariés de cette catégorie travaillent moins par choix.

À contre-courant de la course vers plus d’argent, on retrouve la quête d’une meilleure conciliation travail-famille : 9 % affirment prendre soin des enfants grâce au temps additionnel dont ils disposent. Un travailleur à temps partiel sur quatre évoque cependant une « préférence personnelle », non précisée. Envie de liberté ? Nouvelle philosophie de vie ? On peut supposer qu’une réflexion sur les priorités fait pencher la balance pour le temps plutôt que l’argent.

Par ailleurs, les jeunes de 15 à 24 ans forment près de la moitié de ce groupe, en majorité à cause de leurs études. C’est donc dire que les travailleurs à temps partiel mènent aussi d’autres projets de front.

La popularité de la semaine de quatre jours pourrait également être responsable du gonflement des statistiques. Quelqu’un qui choisit de travailler sept heures par jour, durant quatre jours, entre dans cette catégorie, malgré un emploi du temps plutôt semblable à la semaine normale.

On peut aussi penser à la montée des boulots atypiques, où l’effort de travail se joue en des moments brefs, mais intenses. L’économie du pays étant de plus en plus dominée par le secteur tertiaire (services, haute technologie, santé), le marché offre davantage cette possibilité.

Les travailleurs hésitant à faire ce choix devraient se renseigner sur la demande dans leur secteur : là où il y a pénurie de main-d’oeuvre, les employeurs sont plus réceptifs.

Les entreprises conscientes de ces changements et de la valorisation croissante de l’équilibre de vie chez les plus jeunes chercheront à s’adapter. À celles qui reportent ce choix, les travailleurs peuvent faire valoir qu’ils donneront les moments les plus productifs de leur semaine. Travailler moins, travailler mieux !


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