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Manque de relève : jusqu’à 10 000 PME menacées de fermer

Takwa Souissi|

Vous avez la fibre entrepreneuriale mais ne savez pas trop quoi en faire? Sachez qu’au Québec, jusqu’à 10 000 PME risquent de mettre la clé sous porte au cours de la prochaine décennie, faute de relève. C’est la conclusion avancée dans une récente étude sur le transfert des entreprises menée par la chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Il faut dire qu’il y a un réel manque d’entrepreneurs prêts à reprendre une entreprise existante. En fait, seuls 17,5% d’entre eux considèrent cette option. Pourquoi? « On valorise les entreprises qui commencent dans le garage, les Bill Gates et Steve Jobs de ce monde ayant frappé l’imaginaire collectif », avance Michel Leblanc, président et chef de la direction de la chambre de commerce du Montréal métropolitain. « Les jeunes veulent donc partir leur propre entreprise, en partant de rien ». Or, il faut savoir qu’il y a une grande valeur à reprendre un projet existant. « Il faut valoriser le ‘reprenariat’, bien que ça paraisse moins glamour de reprendre quelque chose qui a été crée par d’autres ». Il souligne qu’il est tout à fait possible de prendre un projet existant et le faire croitre et évoluer. Les possibilités sont infinies!

90 % des entreprises n’ont pas de plan de relève
Le manque d’intérêt des entrepreneurs n’explique pas à lui seul le peu de transferts d’entreprises. « Même s’il y’avait assez de relève, les entrepreneurs actifs n’indiquent pas qu’ils sont prêts à laisser leur entreprise, à organiser leur sortie et à planifier le transfert. Ça, c’est le problème initial », explique le président de la chambre de commerce. Pourtant, peu de gens savent qu’il faut entre 5 et 8 ans pour organiser une passation de pouvoirs dans une PME, notamment pour former correctement la relève et organiser les finances. De plus, même si 90% des PME québécoises sont familiales, le système n’encourage pas correctement le transfert à l’intérieur des familles, ajoute Michel Leblanc : « Il faut corriger ça. Actuellement, un transfert dans la famille est beaucoup plus couteux que si on se tourne vers l’extérieur ».

Les secteurs les plus à risques sont ceux ayant une forte proportion de PME, notamment le milieu de la construction. Le domaine agricole est également aux prises avec des facteurs aggravants, attirant moins de jeunes et présentant un niveau d’endettement élevé de part la machinerie lourde nécessaire.

Les PME sont au cœur de l’économie du Québec. Elles sont à la source de la moitié de la richesse crée et 87 % des emplois dans le secteur privé.

Transfert, mode d’emploi

Michel Leblanc propose quelques pistes de solutions pour un transfert réussi.

    • Pour des gens qui sont dans la cinquantaine il faut voir le transfert de l’entreprise comme une étape positive à planifier. Il faut valoriser le transfert. Ce n’est pas mettre un pied dans la tombe, c’est s’assurer que ce qu’on a construit perdure.

    • Une fois que la décision est prise, commencez à en parler autour de vous. Identifiez les repreneurs potentiels dans l’entourage immédiat.
    • Allez chercher de l’aide extérieure qui va apporter des réponses, des modèles de financement, etc.
    • Rassurer les fournisseurs et clients quant à la continuité des opérations.

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