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Ne sortez pas sonné d’un entretien téléphonique

Antoine Palangié|

Ce n’est pas parce que votre employeur potentiel ne vous voit pas qu’il n’est pas capital de faire une bonne première impression.

« Ne pas être physiquement devant la personne qui vous fait passer l’entrevue ne signifie pas que l’on doit prendre cela moins au sérieux, prévient Claude Bressani, coach en transition de carrière à Montréal. Un entretien téléphonique ne dure peut-être pas une heure et demie comme une rencontre en tête-à-tête, mais justement, ça ne laisse que 10 minutes pour convaincre… et le tout sans avoir à sa disposition les 60 % de la communication qui se fait de façon non verbale. »

L’entretien téléphonique peut être motivé par certaines contraintes, comme une trop grande distance géographique entre votre employeur potentiel et vous. C’est aussi souvent un premier « filtre » afin de déterminer quels candidats méritent qu’on y consacre une entrevue d’embauche en bonne et due forme.

Dans un cas comme dans l’autre, vous pouvez dire adieu au poste pour lequel vous postulez si vous n’arrivez pas à convaincre lors de cette étape préliminaire. Alors, autant ne rien laisser au hasard.

« Le recruteur va avant tout essayer de savoir rapidement si vous remplissez les exigences de base, explique Mme Bressani. Ça peut être de tester votre niveau en anglais, de savoir si vous acceptez la mobilité professionnelle, ou encore si vos exigences salariales sont compatibles avec son offre. »

Dans ce cas, l’employeur vient chercher des informations précises, généralement sous une forme très structurée, comme une liste de questions types. Respectez donc sa cadence et ses contraintes de temps en adoptant un style de réponse concis et factuel, toujours très ciblé.

À l’inverse, l’entretien téléphonique peut prendre la tournure d’une discussion informelle. Ne relâchez pas votre vigilance pour autant! Dans ce cas aussi, la forme importera beaucoup. Évitez le jargon technique pour tenter d’impressionner votre interlocuteur, ou au contraire les formules trop familières. Et surtout, surtout, soyez toujours très professionnel.

« Cela veut dire avant tout être 100 % présent lors de l’entretien, insiste Mme Bressani. Notamment, le moment auquel il a lieu est capital, car vous devez être dans des conditions optimales. Si on vous contacte quand vous êtes en train de faire vos courses ou le plein de votre voiture, n’hésitez pas : demandez à ce que l’on vous rappelle, ou à rappeler vous-même. »

Cela veut dire aussi ne pas manger, boire, fumer ou faire quoi que ce soit d’autre pendant le coup de fil. D’abord parce que votre interlocuteur pourrait l’entendre, et ensuite parce que cela nuit à votre concentration comme à votre diction. Pour les mêmes raisons, la gomme à mâcher est elle aussi fortement déconseillée…

« Il faut vous donner les moyens de vous sentir comme vous voudriez être face à la personne, d’avoir la même présence », illustre Mme Bressani. Pas besoin d’être en complet-cravate non plus, mais le maillot de bain sur la terrasse n’aidera sûrement pas. « L’habit ne fait pas le moine, d’accord. Mais le moine a besoin d’être complètement concentré sur ce qu’il fait. »

L’idéal, c’est de s’installer dans une pièce fermée et calme, avec tous ses documents – descriptif du poste, CV, dossier de recherche sur l’entreprise — à portée de main. La posture est importante, aussi : être assis bien droit aide à parler d’une voix claire et forte et à communiquer avec plus d’énergie. Évidemment, gardez-vous de toute arrogance et consacrez un maximum d’écoute à la personne qui prend de son précieux temps pour vous parler. Soyez toujours à son service. Ne lui faites pas perdre son temps, mais ne lui donnez pas l’impression de vouloir en finir au plus vite non plus.

Bref, sachez quand raccrocher votre téléphone pour décrocher votre emploi…


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