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Pénurie de main-d’œuvre? Vraiment?

Éric Grenier|

Y’en n’a pas de job, y’en n’a pas.

C’est le mantra d’un chômeur particulièrement paresseux, tel que personnifié par le duo d’humoristes Les Grandes Gueules.

Et pourtant, en février 2014, le personnage fictif n’était pas tellement loin de la réalité. Car, même si le taux de chômage est demeuré relativement bas au Canada et au Québec depuis le début de 2014, le nombre d’emplois vacants – donc disponibles pour les chercheurs de travail – n’a jamais été aussi bas depuis au moins trois ans, date des données les plus anciennes sur le sujet.

En février dernier au Canada, on comptait 7 chômeurs par emploi disponible. C’est un sommet, et nettement
plus que les 6,3 enregistrés à pareille date l’an dernier.

Il y avait donc 194 000 postes vacants, le plus petit nombre depuis 2011. Mais 1,4 million de Canadiens sans emploi pour les combler, l’un des plus gros nombre depuis 2011, également. Comme vous le constatez, le compte n’est pas bon du tout.

Ce qui fait que le ratio chômeurs/emplois disponibles est l’un des plus élevés depuis la grande récession des années 2000.

Le portrait est le même à peu près partout au Canada, y compris dans l’Ouest. Au Québec, 362 000 chômeurs devaient se partager un maigre 37 000 postes vacants. Ce qui laisse théoriquement 325 000 personnes sur le carreau.

Même dans les très effervescentes industries du pétrole et des mines, il n’y a jamais eu si peu d’ouverture : à peine 3000 postes vacants dans tout le pays, alors qu’on était habitué ces dernières années plutôt à 7000, 8000 emplois disponibles, voire plus.

Alors, où trouver du travail?
Personne n’en s’étonnera : là où ça paie le moins, soit dans les restaurants et les établissements d’hébergement, dans l’industrie des soins de santé et d’assistance sociale et le commerce de détail. Combinés, ces trois secteurs offraient 81 000 emplois. La moitié de tous les jobs en attente d’être comblés.

N’empêche, pour les chercheurs d’emploi dont le salaire compte autant que le plaisir, d’autres industries réputées meilleures rémunératrices ont leur lot de jobs à offrir. Dans la construction, par exemple, 14 000 postes étaient vacants, autant dans l’industrie manufacturière et plus de 11 000 dans le transport et l’entreposage.

Taux de postes vacants (plus il est élevé, plus il y a d’emplois disponibles)

     Fév. 2013   Fév. 2014
Alberta    2,5 2,3
Manitoba    1,8 1,8
Saskatchewan    2,7 1,5
Colombie-Britannique      1,5 1,4
Terre-Neuve    0,7 1,3
Nouveau-Brunswick    1,2 1,3
Nouvelle-Écosse    1,1 1,1
Québec    1,3 1,1
Ontario    1,2 1,0
Ile-du-Prince-Édouard      2,1 0,8
Canada    1,5 1,3
 
Éric Grenier

Éric Grenier est journaliste. Il a été notamment rédacteur en chef du Magazine Jobboom, et est collaborateur aux magazines L’actualité et Protégez-vous.


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