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Soins infirmiers : des emplois à la pelle

Workopolis|

par Takwa Souissi

Commençons par les bonnes nouvelles : le nombre d’infirmières est en hausse au Québec, soit une augmentation de plus de 8 % au cours de la dernière décennie. L’Ordre des infirmiers et infirmières du Québec (OIIQ) en arrive à ce constat, dans un rapport rendu public le 26 février dernier.

Pour Daniel Marleau, chef du service des statistiques de l’OIIQ, les chiffres sont clairs : la main d’oeuvre infirmière, au Québec, vient d’atteindre un nombre record de travailleurs et sa relève se maintient à près de 3 500 professionnels de plus par année sur le marché du travail. En effet, les programmes tant techniques qu’universitaires en soins infirmiers sont bondés : « C’est un diplôme avec un emploi assuré », souligne Daniel Marleau. « C’est une profession qui ouvre de nombreuses portes et de belles possibilités d’avancement, que ce soit en gestion, en enseignement, en soins critiques, etc. »

De plus, l’utilisation des services en soins infirmiers a beaucoup augmenté au cours des dernières années : « Le ministère de la Santé estime que les besoins ont augmenté de 15 à 25 % », souligne le chef des statistiques de l’Ordre. Cette hausse s’expliquerait notamment par une population vieillissante et la multiplication des maladies chroniques.

Des chiffres qui ne se reflètent pas dans le réseau public

La moins bonne nouvelle, c’est que cette hausse de la main-d’œuvre ne semble pas améliorer la situation dans le réseau public de la santé et des services sociaux, qui souffre toujours d’une importante pénurie d’infirmières. En effet, si le nombre d’infirmières est passé de 62 800 à près de 68 000 au Québec, le nombre de celles pratiquant dans le secteur public est demeuré sensiblement le même. Le ministère de la Santé estime qu’il faudrait encore entre 3 000 et 4 000 infirmières additionnelles pour combler la pénurie dans le réseau public. L’OIIQ se contente d’énoncer ce constat, sans proposer d’explications : « Il est évident qu’il y a quelque chose qui cloche. Il faudrait se poser des questions », avance tout de même Daniel Marleau.

Selon le rapport, la majorité (plus de 95 %) des nouvelles infirmières sont recrutées par le réseau public en sortant des bancs d’école. Pourtant, dix ans plus tard, seulement 82 % d’entre elles travaillent encore dans le secteur public. Il faut dire qu’à peine la moitié des postes d’infirmières dans le réseau public sont des postes à temps plein. Cette précarité d’emploi expliquerait donc, en partie, l’attrait de la main-d’œuvre infirmière pour le secteur privé.

Si les chiffres soulèvent des questionnements, ils sont également porteurs d’espoir. Ainsi, malgré une importante vague de départs à la retraite prévue au cours des prochaines années, la relève est prête à compenser ce manque d’effectif et l’intérêt pour la profession ne cesse de grandir.


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