Malades ou pas, de nombreux travailleurs salariés québécois iraient au travail même s'ils avaient attrapé la grippe A(H1N1). C'est l'étonnante constatation que fait l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés devant les résultats d'un sondage CROP réalisé en septembre dernier auprès des travailleurs salariés québécois.
Près d'un quart des travailleurs disent que, si eux-mêmes ou un membre de leur foyer contractait la grippe A(H1N1), ils iraient travailler quand même. Ce phénomène est encore plus marqué chez les hommes puisqu'un sur trois (33 %) dit avoir l'intention de se présenter au travail advenant le cas où lui-même ou un membre de sa famille serait atteint du virus.
Or, ce sont près de 60 % des employés québécois qui avouent aller au travail même quand ils sont passablement malades.
« Cette propension à travailler même malade est un phénomène que nous observions déjà. Les travailleurs québécois ne semblent pas assez conscients des risques d'un tel comportement qui ne profite ni à l'employé, ni à l'employeur et qu'il faut absolument enrayer », affirme Florent Francoeur, CRHA, président-directeur général de l'Ordre.
D'autre part, le sondage montre que 44 % des salariés craindraient de se présenter au travail si un de leur collègue de travail ou un membre de son foyer contractait la grippe A(H1N1).
Des efforts importants à déployer en prévention…
Le sondage montre qu'il reste encore des efforts importants à déployer en matière de prévention dans les milieux de travail au Québec. En effet, près d'un travailleur sur deux (45 %) affirme que son employeur n'a pas mis en place de mesures préventives pour faire face à une éventuelle pandémie de grippe A(H1N1). Chez les personnes moins scolarisées, ce pourcentage s'élève jusqu'à 59 %.
En outre, malgré les menaces de pandémie de grippe, plus d'un travailleur sur deux (53 %) affirme qu'il n'a pas modifié ses habitudes personnelles de prévention comme bien se laver les mains, tousser dans le coude ou utiliser un désinfectant à mains. Chez les hommes, ce pourcentage se hisse à 58 %. Enfin, 60 % des salariés québécois affirment que la grippe A(H1N1) n'est pas un sujet d'inquiétude parmi les travailleurs de leur organisation.
« L'ensemble de ces données s'avère passablement inquiétant. Sans vouloir créer un climat de panique et d'incertitude, il importe dans un premier temps que les employeurs mettent en place leur plan d'urgence pour faire face à une pandémie. D'autre part, ils doivent favoriser les mesures de prévention et sensibiliser les employés à l'importance de minimiser les risques de contamination au sein de leur organisation. Par exemple, encourager les employés à se laver les mains plus fréquemment et les aviser de rester à la maison s’ils sont atteints de la grippe sont des moyens simples à prendre », a tenu à rappeler M. Florent Francoeur.
Pour en savoir plus…
Les résultats complets du sondage sont disponibles à l'adresse Internet suivante : www.portailrh.org/presse