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L’iniquité salariale persiste au Québec

Workopolis|

par Takwa Souissi

Il ne s’agit pas d’un secret, et pourtant les chiffres étonnent : l’équité salariale n’est pas encore acquise au Québec. Une nouvelle étude menée par l’Institut de la statistique du Québec révèle que même dans le cadre des emplois à prédominance féminine, comme en enseignement, les femmes continuent d’être moins bien payées que les hommes.

De plus, même lorsqu’elles exercent un métier typiquement masculin, les femmes ne profitent pas d’un salaire comparable à celui de leurs collègues du sexe opposé. Par exemple, pour les professionnels en génie civil, mécanique, électrique et chimique exerçant dans des entreprises de plus de 200 employés, les femmes gagnent en moyenne 38,39 $ de l’heure, comparativement à 41,11 $ pour les hommes.

L’auteure de l’étude, Maude Boulet, analyste en statistiques du travail à l’Institut de la statistique du Québec, tient tout de même à nuancer les choses : « Il existe plusieurs éléments que nous n’avons pas pu aborder. Par exemple, peut-être une partie de l’écart se justifie-t-elle par une moins grande expérience de travail, par la formation, l’ancienneté, etc. »

Dans son rapport, Maude Boulet mentionne plusieurs études qui ont tenté, par le passé, d’expliquer cet écart persistant. Certains expliquaient les chiffres en avançant que les femmes choisissent volontairement des emplois traditionnellement moins payants, en se détournant des domaines plus lucratifs en science et technologie. Or, à la lumière de cette nouvelle étude, il est devient évident que cette seule explication ne tient pas route : « Au sein de la même profession, l’écart existe », souligne Maude Boulet. Elle précise tout de même que les femmes sont sans doute plus enclines à choisir des postes différents, ou faire des concessions salariales afin de privilégier un meilleur horaire ou moins de temps de transport : « Il est difficile de mettre le doigt sur les causes précises. On pourrait faire une thèse de doctorat sur le sujet! » S’exclame l’analyste en statistiques du travail.

De bonnes nouvelles

Il y a tout de même de quoi se réjouir, particulièrement au Québec, qui affiche le ratio d’équité salariale le plus élevé au pays pour ce qui est de l’équité homme/femme. La loi sur l’équité salariale instaurée dans la province en 1996 y est sans doute pour quelque chose.

Par ailleurs, même si les femmes sont toujours payées environ 10 % de moins que les hommes, la situation s’améliore. En effet, les chiffres démontrent, sans contredit, une hausse du ratio salarial des femmes au cours des quinze dernières années.


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